
Tout me plaît dans le jeu d’échecs.
Depuis l’échiquier jusqu’aux pièces elles-mêmes, sans oublier l’histoire du jeu, la vie des grands joueurs du passé, l’infinité de possibilités offertes par quelques règles simples (et c’est là que réside la difficulté…), bref j’aime tout !
Cela remonte à loin, et on va retrouver, là encore, la marque du père. Car qui, sinon lui, initie ses enfants à ce jeu ? Comment le goût des échecs se transmet-il ?
Je devais avoir 5 ou 6 ans, et de temps en temps, mon père me proposait une partie. Il fallait disposer les pièces correctement et surtout placer l’échiquier “avec une case blanche à ta droite“. J’ai toujours ce jeu même s’il est bien usé par les années, c’est un jeu “fantaisie”, d’origine espagnole, dont les pièces ne sont pas du tout standard et totalement désuètes aujourd’hui, je vous l’offre en illustration de ce billet ( et si quelqu’un le reconnaît ou en possède un exemplaire …)
Puis le rituel magique pouvait débuter : “les blancs commencent“, “je roque !“, “j’adoube” (qu’il m’en a fallu du courage pour lui dire “c’est joué” après avoir osé adouber, bien plus que lorsque je mettais son roi en échec !).
Pendant longtemps j’ai perdu. Je jouais trop vite, je ne voyais pas du tout sa stratégie et le “mat !” me tombait dessus par surprise le plus souvent. Mais un jour, j’ai senti confusément qu’en réfléchissant calmement et en allant vers ce roi adverse, on pouvait créer des situations (et ressentir des émotions intenses). Jusqu’au soir où, je devais avoir une dizaine d’années, après une lutte intense contre moi-même, je l’ai battu !
Freud soit loué ! Enfin, ça y était, je me sentais homme ! (Il a fallu attendre bien des années et mon dépucelage pour ressentir la même impression de totale transformation…) Je n’ai pas le souvenir qu’il m’ait proposé d’autres parties par la suite.
Et c’est très logiquement que dès qu’il a eu 3 ans environ, j’ai transmis cela à mon fils, le faisant disposer les pièces de ce même jeu fantaisie, le battant régulièrement et facilement pendant longtemps, jusqu’au jour où… Freud soit maudit !
Je reviendrai souvent sur tout ce qui est lié à ce jeu car il m’accompagne partout…